Intervenante: Suzanne Arms (USA)
source : midwifery today http://www.midwiferytoday.com/articles/parisconfr.asp

La naissance n'est pas importante pour la femme seulement, mais aussi pour le bébé et pour notre société. Ce n'est pas que la fin d'une grossesse mais surtout, le début de l'enfant. Les drogues que nous utilisons pour soulager les mamans changent de nom tous les dix ans, mais ce sont toujours les mèmes substances et ce sont celles qui sont utilisées plus tard par les jeunes (analgésiques, stimulateurs, calmants…).

Le bébé vit son expérience personnelle, mais il reçoit aussi celle de sa mère. Il ne vit que dans la relation à sa mère mais a son propre sens du moi et du monde qui l'environne. Il perçoit vraiment quels états émotionnels habitent sa mère, mème si elle cherche à les dissimuler ou qu'elle n'en a pas conscience. Le cocon de la période primale fait qu'il se sent lui, mais aussi couple mère/enfant. Quand le bébé se sent aidé, la naissance n'est pas traumatique pour lui. Malheureusement l'utilisation de drogues empèche qu'il se sente aidé. Les recherches en biologie cellulaire permettent de savoir que les cellules nerveuses du bébé sont formées par le biais des émotions vécues par la mère depuis la conception jusqu'à la fin de la première année. Ainsi se mettent en place des principes, des modèles de fonctionnement qui resteront à long terme et se transmettent de générations en générations. On oublie actuellement de se demander ce qui est bon pour la mère et donc pour l'espèce. Avec la technologie on ne tient pas compte de la capacité de la mère et surtout de l'enfant à venir au monde avec cette sensation de joie de travailler ensemble. Les hormones sécrétées par la maman lors d'un accouchement naturel donne à l'enfant cette joie et cette excitation de rencontrer la vie. Quand elle le caresse juste après la naissance, il peut se dire qu'il est bien arrivé chez lui. Pendant la grossesse, il reçoit la gamme complète des émotions humaines, ce qui le prépare à la compassion. Mais si la majorité des émotions est le stress et l'anxiété, ce qui s'inscrit dans le cerveau est plus grave que les traces que pourraient y laisser des drogues. Et, à la naissance, pendant que le foie et le rein essayent d'éliminer ces drogues reçues pendant la naissance, le bébé prend de graves décisions sur ce qu'apporte la vie. Là se joue la base de sa confiance dans la vie et dans sa maman. Dormir avec le bébé, le porter, l'allaiter très longtemps lui permet de guérir en partie les traumatismes liés à la période primale. La naissance est un véritable désastre écologique dans les hôpitaux. Il faudrait se poser la question: «comment pouvons-nous aider à ce que vivent des familles non-violentes habitées d'un esprit de coopération?»

Si la maman est en paix dans son corps, elle sème les germes de la paix. Si dès le début, l'enfant a peur, il ne se sent pas protégé et sent que sa maman ne peut pas le protéger: ce sont les racines de la violence.