naissance naturelle

27 novembre 2006

Ils ne savent pas de quoi ils parlent...

source : article paru dans ma grossesse.com
L'accouchement à domicile est un fait encore très rare. Il ne touche qu'un pourcentage très faible de femmes (1% en France contre 31% aux Pays Bas).
Il se déroule en présence d'un praticien ou d'une sage femme (Une soixantaine en France).
Le choix des parents, d'accueillir leur enfant hors d'un système totalement médicalisé, dépersonnalisé et baignant dans l'indifférence, est souvent un choix philosophique, reflétant un mode de vie.

Le papa tient un rôle très important, tant dans l'aide et la tendresse qu'il peut apporter à femme, à sa compagne qu'aux soins qu'il déploiera pour son bébé.
Il doit être présent en continu de nuit comme de jour. Contrairement à la politique en place dans les maternités, le papa profite constamment de son bébé, il ne perd aucun moment de ces instants si précieux.
Il n'est pas relégué au statut de simple exécutant.

Néanmoins, pour des raisons de sécurité aussi bien pour la maman que pour son enfant, les médecins y sont très défavorables.
En effet, il ne faut pas exclure lors d'un accouchement les risques d'hémorragies suite à la délivrance, la décision d'engager une césarienne parce que le bébé s'affaiblit, au besoin de gestes d'urgence pour des raisons d'insuffisance cardiaques, de détresses respiratoires …
De ce fait une ambulance entièrement équipée doit rester présente le temps de l'accouchement, dans l'éventualité d'une complication.

Côté bébé
Votre bébé vient au monde dans un environnement familial, chaleureux et intime.
Il sera suivi durant les 30 jours qui suivent l'accouchement.

La prise en charge
Si vous décidez d'accoucher chez vous, votre caisse d'assurance maladie vous remboursera sous forme d'un forfait, après accord du contrôle médical, des honoraires et des frais pharmaceutiques ainsi que les dix séances de rééducation post natale.

Commentaire
Si ce mode d'acc est si peu répandu en France c'est lié au manque d'information. L'hôpital à pignon sur rue.
Les couples qui choisissent de naître à la maison ont envie d'être acteur de leur histoire, ils ne voient pas l'arrivée de leur BB comme un paquet qu'on leur livre.
Concernant l'ambulance équipée qui attend devant la porte... Imaginez le coût pour la santé publique alors que tout est prévu de sécuritaire à la maternité du coin !! Il n'y a jamais d'ambulance à la porte dans aucun pays pratiquant ce mode d'accouchement. Vous n'avez qu'à vérifiez par vous même. Posez la question aux sages femmes qui pratiquent. Ce propos est colporté par tous les ignorants pour critiquer l'acc à domicile sans en connaître aucun élément.
Les sages femmes diagnostiquent et anticipent les problèmes largement à temps. De nombreuses études prouvent qu'en cas d'urgence extrème, le fait d'être dans l'enceinte d'une maternité n'améliore pas le pronostic (délai d'intervention, équipe pas toujours dispo dans la seconde...) Avant de faire l'apologie des sacro saintes maternités, il serait peut être interessant d'aller voir ce qui s'y passe. Je vous encourage à lire les nombreuses études sur le sujet.
Dans la majorité des cas la grossesse et l'acc sont des évènements naturels qu'il est dangereux de perturber par une quelconque intervention (perf, position allongée, efforts de poussée dirigés ...). L'hôpital crée très souvent la pathologie de toute pièce du fait de ces interventions, mais pas seulement cela, l'hôpital se croit tout permis puisqu'il peut ratrapper la pathologie à son extrème limite. On assiste à des naissance d'enfant en grande souffrance ou transférés et donc séparés de la maman parce qu'on à repoussé une décision de césarienne (par ex), parce que même si l'enfant sort en état de mort apparente... le pédiatre est là pour le réanimer !! Qui parle de ces bavures oh combien quotidiennes .
Les préoccupations du personnel hospitalier sont : les horaires, les grilles indiciaire, les récup, le planning de déclenchement des pâtientes pour ne pas ratter les fètes de fin d'année,les conflits de pouvoir entre gynéco/anesth/sage femme...
A la maison la préocupation de la sage femme est la santé du BB, de la maman, le contact, le vécu de l'experience de parentalité. On parle de l'acceuil d'un enfant. Il y a beaucoup de présence, d'écoute et d'amour dans cette approche.
Enfin on nous rabbat les oreilles avec les économies de santé... En 2006 en France les prélèvements de sécu représentent plus de la moitié du total des prélèvements obligatoires soit 395 miliards d'euros. Pour info l'acc à dom coûte au moins trois fois moins cher que l'acc à l'hop !! Cela mérite réflexion non ?

Posté par Nehll à 21:18 - Informations autour de la naissance - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


24 novembre 2006

A Pontoise, les femmes accouchent "comme à la maison"

Sandrine Blanchard et Olivier Zanetta
Article paru dans l'édition du journal "Le Monde" du 22.11.06.

Réactions dans le texte


Des "maisons" de naissance devraient enfin voir le jour courant 2007. Au ministère de la santé, la commission chargée d'élaborer le cahier des charges de ces nouvelles structures, gérées exclusivement par des sages-femmes, doit achever ses travaux d'ici à la fin de l'année.

Voilà près de huit ans que ces maisons, comme il en existe en Allemagne, aux Pays-Bas et au Québec, sont promises en France mais butent sur la réticence du pouvoir médical.
Dans ces pays les maisons de naissance ne sont pas attenantes aux structures médicalisées.
Dans ces pays, la physiologie prend sa place à part entière.
Ce qui existe dans ces pays n'a rien à voir avec ce qui se prépare en France.
Le seul mot "maison de naissance" fait rèver... On peut y mettre tout et n'importe quoi dans ce mot... Soyons surtout attentifs, en tant qu'usagers à vérifier ce qu'il y a derrière ce mot...


Dans ces structures, les futures mères - volontaires - dont la grossesse s'annonce sans problème particulier sont suivies avant, pendant et après la naissance par une sage-femme et mettent au monde leur enfant sans péridurale ni intervention médicale (césarienne, épisiotomie, forceps).
Dans notre société, il faut être très "volontaire" pour se faire respecter dans son corps et dans son histoire...
N'ayez crainte, braves gens, le pouvoir médical ne vous abandonne pas... Il vous fait croire qu'il vous autorise à grandir... mais seulement si vous êtes volontaires... Prenez vos responsabilités tout de même... Et si vous vous faites mal... Ne venez pas vous plaindre !!


Une petite dizaine de projets attendent le feu vert ministériel. Parmi eux, celui du centre hospitalier René Dubos de Pontoise (Val-d'Oise), où la maison a ouvert ses portes lundi 13 novembre au dernier étage du nouveau bâtiment "mère-enfant" et fonctionne pour l'heure a minima en attendant un agrément. "Nous souhaitons sortir d'une surmédicalisation où la grossesse est trop souvent considérée comme une pathologie", explique Isabelle Chevalier, sage-femme à l'origine du projet. "Certaines femmes se sentent un peu frustrées de leur accouchement à cause de la péridurale, elles ont parfois l'impression de ne pas avoir accouché, constate sa collègue Isabelle Georgel. Avec l'expérience, on s'aperçoit que, lorsque l'on respecte la nature, on a souvent de bons résultats."

Lors de la journée portes ouvertes, vendredi 10 novembre, certaines femmes enceintes n'ont pas caché leur impatience. "Je recherche une structure où l'on écoute un peu plus les mamans que dans les maternités classiques", explique Virgine Couespel, qui attend une petite fille pour début janvier.

TRANSFERT DES COMPÉTENCES

Le discours des sages-femmes sur les méfaits d'une surmédicalisation sonne juste chez les futures mamans : "Il y a une réalité anxiogène quand on est enceinte, explique Sybile Aubin, venue visiter la maison en famille. On est de plus en plus engagé dans des processus médicaux qui nous enlèvent la magie de la grossesse. Ici, la science est à notre côté, mais elle n'est pas omniprésente. Ce qui est mis en avant c'est l'humain, la tendresse et la chaleur." Cette future maman est aussi séduite par le concept familial : "On est à mi-chemin entre la maison et l'hôpital, les frères et soeurs peuvent venir dormir. Il n'y a pas de séparation avec la famille." Anticipant les exigences de sécurité du futur cahier des charges, la maison de naissance de Pontoise est attenante à un plateau technique : "Nous essayons de nous approcher au maximum de l'accouchement à domicile tout en gardant la sécurité d'un univers hospitalier. Si un problème survient, on aura la possibilité de descendre au bloc d'accouchement où l'équipe est prête à réagir dans les trois minutes", assure Isabelle Georgel.
Je serai curieuse de savoir à quel genre de problème ils s'attendent...
Je serai curieuse de savoir s'il leur arrive de se pencher sur l'origine des problèmes qu'ils croisent dans leur univers hospitalier...
Je serai curieuse de savoir s'il leur arrive d'aller voir comment ça se passait avant l'avènement de l'univers hospitalier...
Ils ne sont même pas allés voir comment ça se passe ailleurs !!


Le décret encadrant le fonctionnement de ces "maisons" devrait être publié au premier trimestre 2007. Ces structures qui reposent sur "un accompagnement global" de la femme enceinte et de son bébé seront aussi l'occasion de tester le transfert des compétences en confiant aux sages-femmes les grossesses physiologiques.
Je suis vraiment très heureuse d'apprendre que le ministère de la santé se voit disposé à confier ce poids lourd de la physiologie à celles qui en sont les gardiennes, et de tous temps !!
C'est dramatique de voir à quel point "le monde" tourne à l'envers !!

Au cabinet du ministre de la santé, on espère que "l'expérimentation des maisons de naissance incitera les services hospitaliers de gynécologie obstétrique à modifier leurs pratiques".
On peut toujours rèver !!

Posté par Nehll à 08:42 - Informations autour de la naissance - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

ANTHROPOLOGIE DE L'ACCOUCHEMENT A LA MAISON :

par : Celine Lemay, sage femme

Lorsque l'accouchement et la naissance surviennent à la maison dans une société où 99% des
accouchements se passent à l'hôpital, cela pose des questions autant sur l'événement lui-même que sur
le contexte global duquel il a émergé car les pratiques entourant la naissance et la mort révèlent non
seulement les valeurs prédominantes d'une société mais aussi sa conception de l'Humain et de façon
plus globale ses conceptions du monde.
L'analyse anthropologique de l'accouchement à la maison permet d'en éclairer suffisamment
l'intérieur pour en saisir son noyau de verité subjective et sa cosmologie mais c'est le contraste avec
la culture de la naissance du Québec qui permettra de considérer cette réalité comme discours sur
l'accouchement, la douleur et le risque.

Méthodologie
J'ai voulu donner de la valeur à la parole et au savoir des femmes qui ont vécu le passage de
l'accouchement de la même façon que la sagesse humaine a donné de la valeur à celui qui a « passé »,
celui qui a traversé, que l'on parle d'initiation, d'épreuve, d'illumination, d'état de conscience ou de
vision. Les grands maîtres spirituels, les grands shamans, les guérisseurs étaient d'abord ceux qui
avaient fait l'expérience de l'illumination, de l'union mystique, de la maladie, de la proximité de la
mort ou même de la folie. J'ai aussi entendu la parole de sages-femmes dont la pratique est née de leur
expérience personnelle et d'une demande des femmes et surtout parce qu'elle s'est développée en
dehors du modèle dominant de la pratique obstétricale.
J'ai donc rencontré 5 femmes qui ont préféré accoucher à la maison alors qu'elles avaient un
véritable choix entre l'hôpital, la maison de naissance et le domicile. J'ai aussi rencontré 5 sagesfemmes
qui avaient une pratique d'accouchement à domicile depuis le début des années '80.
Pendant les rencontres j'ai laissé parler les femmes en ayant comme thèmes les questions sociales les
plus fréquentes au sujet de l'accouchement à la maison : pourquoi accoucher à la maison? Il n'y aura rien contre la douleur? Et si il arrivait quelque chose? Ensuite, j'ai construit deux récits, à partir des
paroles des femmes et des sages-femmes constituant le corpus de base à partir duquel j'ai élaboré une
analyse du sens de l'accouchement, de la maison, de la douleur et du risque.

Analyse
« LA MAISON »
Pour les femmes la maison n'est pas un lieu comme les autres. Elle est associé au sens
identitaire de la personne; c'est là qu'on peut vivre conformément à son être, c'est là qu'on peut être «
chez soi » et qu'on peut s'approprier les événements qui s'y passent. Dans ce sens, l'hôpital c'est
« ailleurs ». Les femmes parlent de leur maison comme un refuge, un nid, un cocon, éclairant sa
fonction de protection, d'enveloppe et contribuant au sentiment de sécurité ressenti par ceux qui
l'habitent. La maison est aussi le lieu d'intimité véritable alors qu'ailleurs l'intimité est perçue comme
artificielle. La maison est de plus un facteur de confort intérieur car c'est là où l'on se sent bien, où
l'on peut vivre selon ses croyances et ses habitudes et où l'on peut contrôler les événements qui s'y
déroulent. Dans ce sens c'est un territoire, une sphère de contrôle, comme l'hôpital est un territoire.
Pour les femmes c'est important de ne pas avoir à changer de culture en changeant de lieu. Elles ne
veulent pas contrôler leur accouchement mais plutôt contrôler leur vie et en assumer la responsabilité.

La maison devient alors une véritable monade, unité des éléments physiques et spirituels, permettant
de vivre l'accouchement de façon pleinement significative. Enfîn comme l'accouchement s'inscrit
cans l'histoire de la famille, le vivre à la maison contribue au sentiment de continuité dans la vie des
femmes. Il n'y a pas de coupure, ni dans le temps, ni dans l'espace.« Maternity is a continum"


« L'ACCOUCHEMENT »
L'accouchement est non seulement une expérience qui arrive aux femmes, il n'arrive qu'aux
femmes. C'est un fait féminin. La science médicale masculine a imposé sa définition du corps et de
l'accouchement en termes biophysiques. Alors qu'elle explique ce qu'est un accouchement, les
femmes, elles, expriment ce qu 'est « accoucher ». A travers les récits des femmes et des sagesfemmes
, à l'aide de métaphores-clé, voici les représentations qui ont été dégagées autour de
l'accouchement.
L'accouchement comme ouverture : celle du corps mais celle d'ouverture à l'autre, à l'inconnu, à
soi-même, à la vie.
L'accouchement comme force : qui ne peut être contrôlée mais à laquelle on doit collaborer. Les
femmes et les sages-femmes parlent de force physique mais aussi de pouvoir, pas le « pouvoir sur »,
c'est le « pouvoir de » , comme force intérieure. C'est la capacité la plus grande des femmes. « ce sont
les femmes qui sont capables de donner la vie.. »
L'accouchement comme intérieur : quelque chose de très intime dont on ne voit l'aboutissement qu'à
l'émergence de l'enfant et dans ce sens , ce n'est pas toujours facile de le vivre « ailleurs ».
L'accouchement comme instinct : Accoucher ce n'est pas rationnel. Il y a une partie animale qui
fonctionne et dans cette compréhension du processus une femme observait « il n'y a pas un animal
qui sortirait de sa tanière pour mettre bas ses petits. »
L'accouchement comme histoire : l'accouchement est un événement qui marque le temps et à la
maison « le temps... c'est mon temps ». A l'hôpital, la médecine tente de contrôler un temps et un
corps qui ne lui appartiennent pas. A la maison, l'histoire de l'accouchement s'inscrit dans chaque
histoire personnelle et celle de la famille.
L'accouchement comme occasion : occasion de découvrir qui l'on est, de faire une démarche et de se
sentir en lien avec les autres femmes qui ont eu des enfants.
L'accouchement comme passage : de l'état de fille à l'état de mère, modifiant de façon permanente
son identité personnelle et sociale. Il a été analysé d'ailleurs en Amérique comme un rite de passage
technocratique. (Davis-Floyd, 1992).
L'accouchement comme un tout : dont on ne peut pas séparer un des aspects sans provoquer un effet
sur l'ensemble. La femme enceinte fait l'expénence phénoménologique du « et » dans une culture
qui propose surtout le « ou » : le corps et l'esprit, la douleur et la joie, le fort et le fragile, le profane et
le sacré, la vie et la mort. Ainsi l'accouchement à la maison s'inscrit dans une quête d'unité, d'union
avec la Nature et la vie .

« LA DOULEUR »
La culture Québécoise, en lien avec l'éthos Nord- Américain, considère la douleur , comme séparée du
sujet, étant simplement un ensemble de mécanismes biophysiques qui n'ont pas d'autre sens que de
signaler une dysfonction. C'est un problème qui doit être réglé et la science médicale s'en charge.
Avec des valeurs sociales de confort et de contrôle, les femmes ne se demandent plus si elles vont être
capables de supporter la douleur mais « pourquoi » elles devraient la supporter. Alors dans un contexte
de pratique où il n'y a même pas 20% des femmes qui accouchent sans aucune anesthésie, il devenait
important d'entendre les paroles des femmes et des sages-femmes au sujet de la douleur.
Pour les femmes, la douleur a non seulement un sens, elle en a plusieurs, souvent liés au sens
de l'accouchement.
Comme événement normal de la vie, si l'accouchement n'est pas une maladie, sa
douleur non plus. C'est une douleur normale. Elle est considérée comme un signal important de la
venue de l'enfant, un témoin du travail en cours associé au besoin d'intimité et de protection et dans
ce sens, elle est utile. Si l'accouchement est un tout, la douleur en fait partie. Alors la séparer de
l'accouchement n'a pas de sens pour les femmes. « c'est comme aller au cméma et enlever le son ou
aller au jardin et enlever l'odeur des fleurs ». Ne rien sentir ferait perdre le contact avec une
partie de soi-même. La douleur est alors un signe d'humanité et s'inscnt dans la quête de sens que la
venue de cnaque enîant peut avoir dans une vie car dans la constitution a d'un monde humain, c 'est à
dire un monde de signification et de valeurs accessibles à l'action de l'homme, la douleur est sans
doute une donnée fondatrice...elle est sans doute l'expérience humaine la mieux partagée, avec celle
de la mort. » (Le Breton, 1995 :15). Si l'accouchement est une expérience intime, la douleur prend
aussi place au fond de soi. Si l'accouchement est perçu comme un travail physique et un
accomplissement la douleur est alors une douleur d'effort. Elle est non seulement quelque chose
d'intense, c'est l'intensité de l'accouchement. L'accouchement à la maison est alors perçu comme une
occasion de vivre, confronter, d'intégrer et de transcender la douleur et ainsi d'avoir accès à la joie et
non seulement au soulagement.
Pour les sages-femmes la douleur est le signe de l'accouchement comme processus de
création est créer c'est souvent douloureux ; les artistes le savent. Elle est aussi le signe de
transformation de celle qui accouche et dont l'identité corporelle, psychique et sociale est à jamais
modifiée. Elle ne peut être un simple élément à endurer. Elle est aussi un signe de séparation, d'une
rupture d'un lien symbiotique de la mère avec son enfant et il y a une valeur à incarner dans le corps, la
réalité de la douleur de cette séparation. Si l'accouchement est un passage, sa douleur lui confère une
valeur initiatique. Il permet de voir qui on est, de démontrer sa capacité à supporter des difficultés et
à faire l'expérience du sacré. Les rituels hospitaliers ne confirment l'accouchement que dans un
modèle mécanique et technocratique, occultant cette expérience de l'accouchement comme
essentiellement féminin, puissant et créateur. Enfin, les sages-femmes reconnaissent la réalité et la
place des douleurs , celles qui font référence à d'autres éléments douloureux de la vie des femmes.
Avec les peurs elles peuvent se rajouter à la douleur physique et devenir « souffrance ».

« LE RISQUE »
La notion de risque est celle autour de laquelle s'est organisé toute l'obstétrique moderne.
C'est devenu une idéologie au nom de laquelle les femmes sont maintenant tenues responsables de
l'issue de la grossesse car le fetus est devenu le principal client en obstétrique. Ainsi au nom de la
santé du bébé à naître, la médecine minimise les frontières entre le normal et l'anormal, intervient de
plus en plus dans la vie des femmes enceintes, instaure le monitoring de tous les accouchements et
prétend que la sécurité est reliée à la technologie et à un lieu : l'hôpital. L'obsession de la sécurité
envahit l'espace social et la science prétend donner les réponses non seulement en s'imposant comme
l'ensemble du savoir mais en s'accordant le droit de décider du vrai et du bon..
Pour les femmes qui veulent accoucher à la maison, l'hôpital est un lieu qui comporte des
risques parce que : « il y aurait trop de monde...l'intimité est artificielle... je ne serais pas capable de
me laisser aller ». Pour elles, la sécurité est liée à une norme intérieure, pas extérieure. Les peurs
ressenties sont considérées comme des « peurs normales ». Les femmes parlent de confiance, en soi
et dans la vie.
Pour les sages-femmes, le risque est une façon de voir les choses, c'est un calcul, une
statistique mais ce n'est pas la réalité car la réalité première, c'est d'abord une personne et sa famille
telle qu'elle la définit. C'est à travers une relation que va se créer des liens, se bâtir la confiance et se
créer des forces. Elles ne viennent pas de la technologie; elles permettent seulement de voir le verre à
moitié plein au lieu de le voir à moitié vide. C'est grâce à cette relation, où le pouvoir le savoir et la
confiance sont partagés, dans un lien de coopération et de respect réciproque que la sage-femme peut
« être avec » la femme et l'aider à vivre la maternité dans les meilleures conditions de santé physique,
émotive et spirituelle possibles. Les sages-femmes ont confiance dans les capacités de la femme. Elles
ne considère pas la femme comme un incubateur que l'on doit contrôler mais comme un jardin que
l'on doit nourrir, encourageant une véritable « écologie de la naissance » (Brabant, 1991). Elles entrent
avec les femmes dans un ordre féminin, dévoilant une pratique féministe, non comme une guerre mais
comme une quête du « féminin » du monde. Elles peuvent aider les femmes à ne pas seulement
considérer l'accouchement comme un drame médical mais comme une expérience forte
d'affrontement au monde, d'accès à la transcendance et au renouveau de la vie.
L'analyse anthropologique des « voix du dedans » révèle sans aucun doute la
cosmologie de l'accouchement à la maison mais elle contribue surtout à comprendre la force de cette
voix et son poids sociosymbolique immense dansd la culture québécoise de la naissance. Ce
phénomène peut être alors compris comme un méta-langage, un discours.

Conclusion
Ainsi, dans un système de représentations imprégné par la technique et la science,
par la médicalisation et la normalisation de la vie, dans un contexte de praxis où 99% des
accouchements se passent à l'hôpital, l'accouchement à la maison est une réappropriation de la
symbolique de l'accouchement et l'affirmation que l'accouchement ne se définit pas comme un
événement médical.

Dans un système de périnatalhé où l'humanisation est maintenant associée à la
capacité de choisir, l'accouchement à la maison exprime que l'humanisation est aussi le pouvoir de
nommer, de définir et de signifier ce qu'est accoucher, souffrir et vivre le risque .
Dans une société patriarcale dont le système médical est masculin, l'accouchement à
la maison révèle une cosmogonie du « féminin » du monde, par son fond et par sa forme. Les sagesfemmes
qui évoluent dans cet ordre féminin ont une praxis féministe, vécue comme une quête et non
comme une guerre.
Dans un contexte de séparation entre le corps et le sujet, entre l'accouchement et sa
douleur, entre la vie et la mort, l'accouchement à la maison affirme que l'accouchement s'inscnt dans
la vie comme un système et comme un tout. Il témoigne d'un autre rapport au monde.
Ainsi, accoucher à la maison s'inscnt dans les efforts pour rassembler une identité
personnelle morcelée dans une société morcelante. C'est la réalisation en acte et non seulement en
mots d'une recherche de cohérence et de vérité.
Dans un contexte sociosymbolique articulé autour de l'idéologie de la sécurité, qui
occulte la mort et dont l'institution médicale accentue la prégnance, l'accouchement à la maison est
une affirmation que la vie comporte des risques et que les accepter est un grand signe d'humanité. La
vie est comme un tout qui contient ce que l'on sépare et que l'on oppose . la vie et la mort, la douleur
et le plaisir, le corps et l'esprit...

Dans un contexte où la médecine et la science ont un effet normalisateur et réducteur
des conceptions du corps des femmes, du sens de l'accouchement et de la maternité, l'accouchement à
la maison témoigne de la richesse des représentations autour de la naissance, confirme que la science
n'est qu'une strate du savoir et que les femmes pensent autrement. La mise au monde est perçue
comme une occasion de croissance, de prise en main de sa vie et d'accès à la transcendance. « quand
tu accouches c'est la vie qui prend sa forme la plus éloquente ! ».


Posté par Nehll à 08:05 - Informations autour de la naissance - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

20 novembre 2006

faire part

A l'heure où les professionnelles sages femmes s'agitent et font grève en quête de reconnaissance.

Des parents se mobilisent et créent une liste : "naître chez soi" pour la diffusion et l'information de la naissance respectée, c'est à dire le plus souvent naturelle, à la maison, accompagnée par une sage femme tout simplement.
 
Je vous invite à faire connaissance avec cette liste http://fr.groups.yahoo.com/group/naitre_chez_soi
et je souhaite bon voyage à ce projet...

Posté par Nehll à 14:21 - Informations autour de la naissance - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

30 avril 2006

préparation ?

source : anonyme

"Je n'ai pas été très assidue dans les exercices de préparation du périnée, ni de sophrologie d'ailleurs. Quelque part, cela renforce cette impression très forte que j'ai réellement accouché toute seule, ou plutôt que mon corps a accouché seul, parce que de toute éternité le corps des femmes est fait pour accoucher, et que toutes les préparations du monde ne font qu'une chose : préparer la tête. Mais mon corps de femme, lui, sait faire..."


Posté par Nehll à 11:56 - Informations autour de la naissance - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


17 avril 2006

Plaidoyer pour une naissance sans violence


source :Farida Hammani


Mon enfant, mon tout petit, tu es arrivé, dans l'éblouissement de la chair ; Et tu t'es mis à puiser, au mystère de mon corps, le suc de mon sang. Puis tu es sorti de moi, douleurs d'entrailles, sueurs d'angoisses. Tu es sorti, comme un oiseau de sa coquille, et je t'ai nourri de mon lait... Maintenant, mon petit enfant, mon bébé, je te regarde dormir, fleur charnelle à peine ouverte sur la vie, mais à jamais enracinée au secret de mes fibres. Je te regarde dormir, et mon coeur déborde de tendresse.

Stop ! On ne rêve plus ! On est en l'an 2000 ! Dans un pays ci-vi-li-sé !

Mon enfant, mon tout petit, tu es arrivé dans l'éblouissement de la chair... Là c'est de la conception qu'il s'agit, et, même si ce n'est pas l'envie qui manque et s'il est malheureusement vrai qu'en Australie, en Amérique et sûrement encore ailleurs le trafic et la manipulation d'embryons est en pleine expansion, on n'a pas encore trouvé plus sûr et moins cher en France que l'acte sexuel, tout bête, pour faire un enfant..

Et pourtant, déjà à ce stade, ça commence à coincer... On nous parle d'une baisse de la fertilité générale et il y aurait une baisse certaine de la libido chez les jeunes. Comment se fait-il ? Je croyais que la pilule nous avait libérés ? Nous pourrions disserter longtemps sur ce qui conduit au manque de plaisir dans nos sociétés dont la plupart des membres ont tout avant même de l'avoir désiré... mais en matière de maternité je voudrais pointer deux choses :

    * Une médicalisation de tous les actes de la vie génitale des jeunes filles en particulier : nombre de mères modernes amènent leurs filles chez le gynécologue, parfois dès 12 ans pour un retard de règles, pour un cycle irrégulier, vers 14 ans , dès que se profile la menace d'un rapport sexuel possible ; la plupart de ces jeunes femmes gardent de ce premier examen gynécologique une impression de viol, tant physique que moral, blessées dans leur pudeur, leur intimité elles expriment une colère monstre contre leur mère qui a laissé faire «ça» et elles revoient la scène : «baisse ta culotte, allonge-toi là, voilà, écarte les genoux, je ne vais pas te faire mal, détends toi voyons, comment veux-tu que j'y arrive ? ? ? Elle est tendue votre fille , madame , non ? » et la maman , gênée, de s'excuser... (Lire à ce sujet «NATIVITES » de Michèle Gazier, Ed. Seuil)

    * La présentation négative qui est faite de l'amour par les éducateurs et enseignants. Le mot d'ordre c'est : «Pas de grossesse, pas de SIDA» et nul ne peut nier que ça parte d'un bon sentiment. Le protocole c'est : PILULE/PRESERVATIF, brandis comme des paravents sécuritaires, personne n'ose parler de plaisir, de jouissance.

Conditionnée dès la puberté, ayant déjà «son» gynéco, la jeune femme est prête à se soumettre aux lois de la RAISON MEDICO-SOCIALE lors de sa 1ère grossesse. Nadia 15 ans, l'a bien compris, et n'était pas d'accord. Hébergée dans un foyer d'accueil, elle a connu «le grand amour» et, respectant son instinct, a gardé jalousement le secret de la grossesse qui en a résulté. Ses éducateurs affolés et sidérés d'avoir été trompés si longtemps, me l'ont adressée au 8e mois : «Je leur ai rien dit, ils auraient pas arrêté de me conseiller d'avorter, tandis que là, j'ai eu la paix tout du long.. » Elle était fière de son coup Linda, elle est allée à l'accouchement sans peur, elle montre sa fille comme un trophée.

Pour avoir fréquenté 30 ans les milieux médicaux, m'être occupée de prévention, de soins et de maternité, j'ai vu la montée de la technologie et des arguments sécuritaires remplacer le goût simple de vivre, donc d'oser, de risquer, d'éprouver, d'exprimer. Tout se passe comme si l'augmentation de la soi-disant sécurité, la prise en charge de toutes les étapes de la vie par des spécialistes enlevaient à l'être humain ce que Michel Odent a appelé le «simple, barbare, irrépressible amour de la vie.»

Mon enfant, mon tout petit, tu es arrivé dans l'éblouissement de la chair ; Et tu t'es mis à puiser, au mystère de mon corps, le suc de mon sang. Bon, là elle est enceinte. Mais est-ce bien sur ? Le retard de règles ne suffit plus à affirmer la grossesse : après plusieurs années d'oestro-progestatif, les jeunes femmes n'osent plus interpréter les messages de leur corps : 90% d'entre elles achèteront à leurs frais un test en pharmacie, puis iront dire à leur médecin que celui-ci est positif, il faudra encore le confirmer par un test sanguin, et enfin dater la grossesse par une échographie.

Ecoutons Virginie 23 ans : «Pour confirmer que j'étais bien enceinte, le docteur m'a fait une écho ; j'étais super contente, émue de voir le coeur battre, mais il m'a tout de suite refroidie : «Ne vous emballez pas, 25% des femmes font des fausses couches». Résultat, j'ai attendu d'être enceinte de 5 mois pour annoncer que j'attendais un bébé à la famille et aux amis. J'ai vécu dans l'angoisse jusqu'à la prochaine visite.»

La déclaration faite, le doute s'infiltre dans la relation. On propose à la future mère de s'assurer, par le triple-test que le produit de ses amours est bien conforme à la norme actuelle. Attente, angoisse. Ouf, tout va bien, elle n'est pas dans le pourcentage «à risque». Elle aurait pu y être, elle aurait alors pris rendez-vous dans un centre spécialisé où on lui aurait gentiment fait signer une décharge avant de pratiquer une amnioscentèse. Ces examens sont fabuleux, mais ils ne sont pas sans risques voyez-vous, ça s'appelle le consentement éclairé des patients... Alors, avec son accord, on pique dans l'utérus, on retire du liquide, et encore une fois, on attend les résultats. Angoisse. Pendant ce temps, pas question d'investir cet enfant de ce «sauvage et fol amour de la vie» dont on parlait plus haut. Reste tranquille petit, on attend le feu vert du corps médical. A la maison on préfère ne pas parler, peur de dire des choses définitives. Et s'il n'était pas normal ? qu'est-ce qu'on ferait ? Peur d'entendre l'autre dire ce qu'il ferait. Souffrances physiques et affectives infligées aux femmes, par l'institution médicale et administrative, manipulations mentales par des associations ou des gourous de tout bord, ou des groupes religieux qui ressortent régulièrement leurs idées culpabilisantes, voire fascisantes, réinventant à chaque génération le mythe de l'Homme Nouveau que seule la femme en bonne santé, chaste, et s'imprégnant de lumière et de pensées nobles et pures peut façonner... («la future mère nourrit son enfant tant sur le plan physique que psychique, qu'elle le veuille ou non, elle peut le sous alimenter, voire l'empoisonner avec des matériaux nocifs ou le vivifier, voire le magnifier en lui fournissant des matériaux purs et nobles. La femme, la mère et elle seule a pouvoir sur la matière vivante, ce n'est pas de la science fiction, c'est la seule alternative aux dangers qui menacent l'humanité» (ANEP) Ou encore : «la mère surmenée donne naissance à un enfant débile ou anémique» (Shelton) «de nombreux cas de débilité mentale chez les enfants ont pour origine une vie sexuelle déraisonnable après la conception» Eglise de Compiègne)). Je donne les sources de ces inepties culpabilisantes à qui les veut !

Les femmes souffrent souvent du morcellement qu'on leur fait subir dans la maternité. En effet, classiquement, elles verront quelques minutes par mois leur gynécologue (quand elles ne vont pas voir, d'abord, leur médecin généraliste, ou leur gynécologue médical, qu'elles connaissent mieux, et qui les "orienteront " au 8e mois vers l'obstétricien), si elles sont suffisamment informées, elles iront suivre des cours de préparation à l'accouchement chez une sage-femme, avec laquelle elles investissent souvent affectivement car elles lui sont reconnaissantes de démystifier l'accouchement, malheureusement, ce ne sera que très rarement la même sage-femme qu'elles retrouveront à l'accouchement. De nouveau, il leur faudra établir une relation forte avec la sage-femme de garde, pour voir quelquefois arriver dans les dernières minutes le gynécologue-accoucheur... ou son remplaçant. Et le bébé est à peine né qu'entrent en jeu le pédiatre et la puéricultrice. Quel courage, quelle force intérieure il faut à cette femme pour gérer toutes ces rencontres, toutes ces ruptures, tout en assumant ses propres transformations et son nouveau rôle de maman !

Nous recevons tous les jours de ces jeunes femmes qui sortent des consultations prénatales plus angoissées qu'elles y sont entrées. Violence, violence. Violences verbales qui s'apparentent à une menace : «C'est votre 1er bébé ? Vous avez 90% de chance d'avoir une épisiotomie, vous n'y échapperez pas.» Violences verbales qui se veulent rassurantes : «De quoi avez vous peur ? On est là, s'il y a le moindre proble, on césarise et voilà !»

Ecoutons Virginie encore : «A la visite du 3e mois, il m'a dit de ne plus faire de voiture. J'ai demandé pourquoi ? Il m'a dit qu'il en avait marre de voir des femmes arriver en pleurant parce qu'elles perdaient du sang et qu'elles faisaient une fausse couche. J'avais maintenant peur de la voiture. Puis il m'a raconté qu'il avait dû avorter une patiente enceinte de 8 mois1/2 car le bébé avait une malformation rénale et qu'il n'aurait pas survécu à l'accouchement. (Oh, mon enfant, mon tout petit) Je me demande s'il le fait exprès, s'il m'en veut, ou s'il dit ça à toutes les femmes... Quand je lui ai dit que je ne voulais pas de péridurale, il m'a dit qu'il connaissait la chanson, qu'on disait toutes ça avant, mais que pendant on la réclamait, et que c'était ridicule de vouloir souffrir. A deux reprises, il m'a parlé de femmes ayant fait des hémorragies après un accouchement normal et qu'on avait dû amener au bloc en catastrophe. Heureusement qu'elles étaient à l'hôpital, m'a-t-il dit. Alors là, j'ai commencé à avoir peur de lui !»

Est-il besoin d'en rajouter, il y a beaucoup de femmes, de couples dans la salle, leurs témoignages rempliraient des bibliothèques. Je reviens à mon rêve : Puis tu es sorti de moi, douleurs d'entrailles, sueurs d'angoisses. Tu es sorti comme un oiseau de sa coquille... L'accouchement, passage initiatique qui devrait être magique, intime, car éminemment sexué, objet de tous les fantasmes, porteur de toutes les peurs... et où tous les sévices peuvent être pratiqués, pour le bien de la mère et de l'enfant, bien sûr. Le fait même qu'ils se déroulent dans des hôpitaux dont le but est de gérer la maladie est un facteur de risque : 90% des accouchements n'ont rien à faire à l'hôpital !

Prise de danger maximum avec le déclenchement artificiel du travail ; augmentation des anesthésies, des instrumentations, des césariennes, mépris total de l'énergie, de la volonté, du rythme de l'enfant, mépris total des capacités du couple mère-enfant à enfanter et à naître avec ses propres forces. Les déclencheurs de bébés sont des déclencheurs de frustrations graves, de troubles relationnels et sont responsables des maltraitances qui en découlent.

Atteinte à la pudeur, l'obligation de vous déshabiller et d'enfiler la fameuse chemise de bloc, très seyante, celle qui vous laisse le dos et les fesses nus, celle qui vous uniformise, celle qui vous conditionne : on ne sait jamais, s'il fallait passer au bloc. Nathalie, la semaine dernière , a demandé a son mari d'aller chercher dans la valise son long tee-shirt, celui avec des petits ours. Elle a balancé la chemise de bloc, a enfilé son vêtement, a souri et... s'est levée. Plus tard, dans la baignoire de la maternité, elle a déclaré qu'elle était bien, que dans l'eau, elle ne se sentait pas nue, pas exposée. On ne pourrait pas avoir des longs tee-shirt en coton avec des petits nounours dans toutes les maternités ? C'est donc si difficile de respecter la pudeur, la dignité des femmes ?

Atteinte à la pudeur : encore la position gynécologique, si confortable, qui fait de vous une femme disponible, le sexe offert à toute personne portant blouse blanche qui entre dans la salle, qu'elle se présente ou non : «Alors ici, où en est-on ? ça avance ? passez-moi un doigtier, mais bon sang, on pourrait pas toujours les mettre à la même place ? va falloir faire réviser ce monito, il fait un bruit infernal... Bon, on se détend ma petite dame, oh, mais c'est bien ça, ça avance ! Allez, encore un peu de patience, ça va venir» "ça", mon enfant, mon tout petit... Et le doigtier part a la poubelle, et le praticien, sage-femme ou gynéco, passe à la suivante...

Interdiction de manger et de boire, interdiction de fait de bouger. Je passe sur le supplice de la position sur le dos quand on a des contractions, sur les dangers qu'elle fait courir tant à la mère qu'à l'enfant, sur la perfusion systématique, sur l'autre bras bloqué par un appareil qui se gonfle seul toutes les 5mn, sur l'aiguille qu'on a finalement accepté de se laisser planter dans la colonne vertébrale, parce que vraiment c'est insupportable, sur l'épisiotomie pour laquelle on ne vous consulte pas et que paraît-il vous ne sentez pas.

Et là, le Corps (avec un C majuscule) Médical est content : la femme est détendue, soumise, tout est calme, en ordre... et le médico-légal a encore eu son sacrifice rituel... c'est une vraie coalition : tout est fait pour rendre la mère impuissante, pour créer toutes les conditions d'un échec de l'accouchement naturel. Il est temps d'affirmer ici que l'épisiotomie est une mutilation sexuelle au même titre que l'excision, même et surtout si elle est faite avec le sourire.

Je ne peux évoquer sans nausées ces situations où au fond, tout le monde est gentil, tout le monde est complice, et que 95% des femmes, des sages-femmes acceptent, finalement. Oh, bien sûr, en râlant, c'est tellement français, en le dénonçant. Mais, ça tourne, ça fonctionne !

Et les sages-femmes dans tout ça ? Les sages-femmes françaises sont comme les femmes françaises : 99,5% des femmes françaises accouchent dans des structures, 90% des sages-femmes travaillent dans des structures... et les unes comme les autres assurent donc la pérennité du système, même hors de l'institution, la plupart des sages-femmes libérales ne pratiquent pas d'accouchement, ne suivent pas les quelques couples sur les chemins de traverse où oser, risquer, vivre enfin la naissance d'un enfant avec ses propres forces est encore possible. Accoucher chez soi est encore une alternative légale dans notre pays, même si elle est gravement menacée : des départements entiers n'ont pas de sages-femmes acceptant d'accompagner les couples dans cette démarche, et la sécurité sociale menace de l'interdire de fait ou de le réserver à une classe aisée, en remboursant de plus en plus difficilement les frais de déplacement des professionnels. Mais la demande des parents reste très marginale et nous n'avons donc pas le rapport de force qui nous permettrait de nous faire entendre.

Il y a 20 ans, à Marseille, Montpellier, Châteauroux, Bruxelles, Royan, nous tenions exactement le même discours devant des salles combles de parents et de professionnels qui allaient changer tout ça... 20 ans plus tard la situation s'est dégradée, le taux de césariennes augmente, l'hyperindustrialisation de la naissance triomphe, parents et professionnels y collaborent...

Mon enfant, mon tout petit, tu es arrivé, dans l'éblouissement de la chair ; Et tu t'es mis à puiser, au mystère de mon corps, le suc de mon sang. Puis tu es sorti de moi, douleurs d'entrailles, sueurs d'angoisses. Tu es sorti, comme un oiseau de sa coquille, et je t'ai nourri de mon lait... Maintenant, mon petit enfant, mon bébé, je te regarde dormir, fleur charnelle à peine ouverte sur la vie, mais à jamais enracinée, au secret de mes fibres. Je te regarde dormir, et mon coeur déborde de tendresse...

J'ai offert ce poème écrit par une Marie-Pierre anonyme, à ma fille pour sa naissance, il y a 19 ans. Sans arrière-pensée, sans bleus à l'âme... parce que j'avais tout simplement vécu et ressenti cela. Je vous l'offre ce soir, comme un plaidoyer pour une société, donc pour un enfantement sans violence.


Posté par Nehll à 20:25 - Informations autour de la naissance - Commentaires [1] - Rétroliens [0]

10 avril 2006

Les obstétriciens devraient être des héros !

source :Jock Doubleday
Extrait d'un pamphlet traduit par RB
English full text : <http://www.gentlebirth.org/nwnm.org>

Dans les pays développés, y compris les Etats-Unis, l'usage ROUTINIER des techniques obstétricales conduit à une mortalité infantile de 2 à 19 fois supérieure à celle constatée lors d'accouchements assistés par des sages-femmes (tiré de Chamberlain et al. in Sheila Kitzinger's Homebirth. New York: Dorling Kindersley, 1991).
Donc, dire que les techniques obstétricales sont responsables du déclin du taux de mortalité infantile aux USA est analogue à dire que la guerre du Vietnam est responsable de la diminution du taux de mortalité adulte aux USA.

Ces constats sont-ils comparables ? Oui, de deux façons. Ils n'ont tous deux aucun sens, plus spécifiquement, ils promettent tous deux que des vies seront sauvées dans des scénarii ou elles sont actuellement perdues. En effet, rien qu'aux USA, durant les 50 dernières années (1948-1997), l'usage routinier des techniques obstétricales a été directement responsable d'un bien plus grand nombre de décès d'américains que la guerre du Vietnam.

Comment arrive-t-on à cette conclusion ? Le nombre de naissances (d'enfants) vivants aux USA de 1948 à 1997 a été de 180 456 000. Le taux de mortalité infantile était de 15 morts pour 1000 naissances (d'enfants) vivants.

Pendant ces 50 années, les naissances en hôpital représentent plus de 95% de l'ensemble des naissances aux USA. 95 % de 180 000 000 (arrondi inférieur du nombre total, 186 456 000) donne un total de 171 000 000 naissances (en vie) à l'hôpital. La mortalité infantile pour ces 50 ans, avec un taux de mortalité de 15, s'élève à 2 565 000 (171 000 * 15).

En supposant que les sages-femmes assistant aux accouchements ne réduisent cette mortalité que de moitié (valeur minimum indiquée par des études américaines), nous pouvons conclure que 1 282 500 (2 565 000 divisé par 2) décès avant l'âge d'un an d'américains nés en vie est directement imputable à l'usage routinier des techniques obstétricales des hôpitaux ...

Il faut noter que les chiffres utilisés dans ces calculs, tous très généreux envers la communauté obstétricale hospitalière, ne tiennent pas compte du taux supérieur de mortalité infantile en hôpital (tiré de Henci Goer, Obstetric Myths Versus Research Realities: A Guide to the Medical Literature, Bergin & Garvey, 1995, p. 332). Pas plus qu'ils ne tiennent compte des dommages à l'enfant, et à la société, quand le lien mère-enfant est détruit, comme cela arrive si souvent dans les hôpitaux. Joseph Chilton Pearce écrit dans Magical Child: "En 1982, l'Etat de Californie a complété la plus grande étude jamais réalisée sur les causes primaires des crimes et de la violence. La cause première démontrée est l'interférence médicale dans les hôpitaux lors de la naissance... Pas plus que ces chiffres ne tiennent compte du plus grand nombre d'abus envers les enfants nés en hôpital (particulièrement sous césarienne) (Nancy Cohen, Open Season: Survival Guide for Natural Childbirth and VBAC in the 90s, Bergin & Garvey, 1991, p. 25).

En considérant uniquement la catégorie de la mortalité infantile, l'utilisation routinière des techniques obstétricales ces 50 dernières années a provoqué, à elle seule, un strict minimum de 1 282 500 décès d'enfants. La guerre du Vietnam fut responsable de 58 169 décès d'Américains.

Propositions d'action :

1/ Les obstétriciens doivent immédiatement arrêter de pratiquer des accouchements sur protocole. Ils doivent réserver leur pratique chirurgicale et les technologies de pointe aux naissances problématiques.

2/ Les compagnies d'assurance doivent prendre en charge (rembourser) les frais liés à un accouchement assisté par un(e) sage-femme

3/ Les futures mères doivent choisir l'accouchement assisté par un(e) sage-femme, PAS l'hôpital. Ce choix influencerait immédiatement et fortement le marché de 20 milliards de dollars annuel de la naissance aux USA (les césariennes sont les opérations les plus courantes aux USA, terriblement profitables à la communauté obstétricale hospitalière). Le choix d'un accouchement assisté par un(e) sage-femme obligerait la plupart des obstétriciens à devenir des sages-femmes s'ils sont prêts à voir leurs salaires diminuer pour promouvoir un service de soins de santé qui donne le plus de chance de maintien de la santé de leurs clients.

Les obstétriciens devraient être des héros. Ils devraient sauver la Nature quand celle-ci échoue. Dans plus de 90% des naissances aux USA, aujourd'hui, la nature n'a aucune chance.

Posté par Nehll à 11:43 - Informations autour de la naissance - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

06 avril 2006

EXERCICES POUR EVITER L'EPISIOTOMIE

source : Blandine Poitel http://blog.doctissimo.fr/infosaccouchement/

L'episiotomie, c'est inutile, c'est souvent douloureux, et cela peut rapporter gros ... en problèmes. Mais tout le monde ne semble pas être au courant, et en particulier les mamans et les personnels medicaux. Malgré des efforts intensifs, le personnel medical s'avère particulièrement difficile a rééduquer. C'est pourquoi il vaut mieux concentrer tous ses efforts sur les mamans. 

Voila donc un ensemble d'exercices qui leur est destiné, afin d'éviter l'episio. Certains sont à pratiquer avant l'accouchement, d'autres au moment de l'accouchement. 



AVANT L'ACCOUCHEMENT



Exercice n°1  
Apprendre par coeur : 
Article L1111-4 du Code de Sante Publique : 
Aucun acte ni aucun traitement médical ne peut être pratiqué sans le consentement plein et entier de la personne, et ce consentement peut etre retiré à tout moment. 
Et le rappeler a votre gyneobst qui n'a apparemment pas le temps de se tenir informé des dernieres lois en la matière. 


Exercice n°2   
S'entraîner a répèter : 
"Non docteur, je ne veux pas d'épisiotomie. Je préfère prendre le risque d'une dechirure." plusieurs fois par jour devant une glace. Ensuite, mettre l'exercice en pratique devant votre gyneobst. Ne pas tenir compte de ses reactions, et lui appliquer l'exercice n°1. 

Exercice n°3 
Exercice de recherches sur Internet : aller sur le site de l'AFAR, de naissance.ws et de périnatalité.info, et sortir toutes les études pouvant appuyer votre position. Puis, à la visite suivante, répèter les exercices n°1 et 2 devant le docteur, et immédiatement degainer les recherches que vous avez trouvées, avec un grand sourire "colgate dents blanches". 


Exercice n°4   
Un exercice d'écriture : rédiger un courrier comme quoi vous refusez l'episio. En remettre une copie a votre gyneobst a la visite suivante, pour qu'il la mette dans votre dossier médical. Et en garder une copie toujours sur vous. Et répèter les exercices n°1, n°2 et n°3 si nécessaire. 


Exercice n°5 
Vous entraîner devant une glace a répèter : "Je veux accoucher dans la position de mon choix." Plusieurs fois par jour. Ensuite, mettre l'exercice en pratique devant votre gyneobst. Ne pas tenir compte de ses réactions. Et appliquer l'exercice n°1. 


Exercice n°6   
Exercice de recherches sur Internet : aller sur le site de l'AFAR, de naissance.ws et de périnatalité.info, et sortir toutes les études pouvant appuyer votre position. Puis, à la visite suivante, répèter les exercices n°1 et n°5 devant le docteur, et immédiatement dégainer les recherches que vous avez trouvées, avec un grand sourire "colgate dents blanches". 


Exercice n°7
Un exercice d'écriture : rédiger un courrier comme quoi vous refusez la position a plat dos. En remettre une copie a votre gynéobst a la visite suivante, pour qu'il la mette dans votre dossier médical. En garder une copie toujours sur vous. Et répèter les exercices n°5 et n°6 si nécessaire. 


et faire une piqure de rappel sur les exercices 1, 2, 3 et 4. 
 

Posté par Nehll à 21:30 - Informations autour de la naissance - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

28 mars 2006

Dérapages !

La médicalisation ça va, la surmédicalisation bonjour les dégats !

source : Bénédicte Fiquet http://www.medecines-douces.com/impatient/281sep01/derapage.htm

Grève des gynécologues-obstétriciens, grèves des anesthésistes et grèves des sages- femmes… Tout ce qui touche à " la naissance " traverse une crise. Au cœur des préoccupations des professionnels : la carence sans cesse aggravée de leurs effectifs. C'est un cercle vicieux. Les jeunes désertent les salles d'accouchement qui ne leur offrent ni compensation financière, ni repos suffisants. Et, faute de personnel, le rythme de garde, le stress et le risque médico-légal (procès fait par des patients) s'amplifient. Selon le Journal officiel du 19 février 1998, il manquerait au moins un gynécologue-obstétricien dans plus des deux tiers des CHU. En dépit d'une loi de la même année prévoyant une augmentation des postes, les moyens financiers n'ont toujours pas été débloqués. Les femmes sont les premières victimes de ces dysfonctionnements ! En premier lieu, notre taux de mortalité maternelle est disproportionné par rapport à notre niveau de développement : une moyenne de 12 pour 100 000 naissances (environ une centaine de décès par an) depuis le début des années 1990, selon les estimations de Marie-Hélène Bouvier-Colle, épidémiologiste à l'Inserm. Soit un taux double de ceux enregistrés en Suède, au Danemark ou aux Pays-Bas. Les comparaisons sont certes délicates. Les morts maternelles restent rares, donc plus difficiles à observer sur les " petites " populations (environ 5 millions d'habitants au Danemark). En outre, en France, l'âge à la procréation est l'un des plus élevés d'Europe (42,2 % des parturientes ont entre 30 et 39 ans), ce qui constitue un facteur de risque supplémentaire. Néanmoins, selon le Comité national d'experts qui travaille sur la mortalité maternelle, la moitié de nos décès auraient pu être évités, dont les deux tiers de ceux causés par les hémorragies. Comment ont-ils pu se produire ? Délais trop longs du diagnostic ou de l'intervention, traitements inadaptés en seraient les causes principales. Un geste médical en entraîne un autre Pour le Pr Bernard Maria, président du CNGOF ( Collège national des gynécologues-obstétriciens de France) et chef de service de la maternité de l'hôpital de Villeneuve-Saint-Georges : " L'incapacité chronique des autorités à prévoir les besoins de personnel, les budgets fictifs et les pesanteurs humaines " ont surtout des répercussions sur la qualité des soins offerts. Prises par le temps, la majorité des sages-femmes se voient contraintes de sacrifier écoute et suivi personnalisés pour des gestes de plus en plus techniques, censés les mettre à l'abri des risques médico-légaux. Gynécologues-obstétriciens et sages-femmes enregistrent en moyenne deux ou trois plaintes durant leur carrière. " L'engrenage est pernicieux, souligne le psychiatre et psychothérapeute Christophe Massin. Plus la médecine s'affirme performante, plus les parents demandent aux praticiens d'être infaillibles ". Or tout geste médical induit un risque pathologique donc un autre geste médical. Un exemple ? Dans la plupart des maternités, on immobilise les femmes dès leur admission pour les mettre d'emblée sous perfusion et pour brancher le monitoring pendant toute la période de travail. La perfusion sert à ménager une voie d'accès veineuse en cas de saignements importants au moment du décollement du placenta. Dans un service où le personnel n'est pas débordé, rien n'empêcherait d'intervenir juste après la naissance. Le branchement en continu du monitoring ne s'impose pas non plus. C'est juste un gain de temps pour les sages-femmes qui n'auront pas à le rebrancher plusieurs fois. Or, si la femme n'est pas libre de ses mouvements, la douleur des contractions est telle que le recours à la péridurale devient incontournable. La péridurale, quant à elle, diminue la mobilité musculaire du bassin, ce qui perturbe l'expulsion. Qui dit problème d'expulsion dit davantage d'extractions aux forceps et qui dit forceps dit épisiotomie (incision du périnée) quasi systématique. Des dérives inquiétantes Illusion sécuritaire ou fascination technologique : la médicalisation de la naissance atteint en France des sommets. Le taux de césariennes ne cesse d'augmenter. Près de 11 % des accouchements en 1981, près de 16 % en 1995 et 17,5 % en 1998, selon la dernière enquête périnatale. Mesure de sécurité ? " Les pays dont les taux de mortalité périnatale sont parmi les plus faibles du monde ont des taux de césarienne inférieurs à 10 % ", répond l'OMS dans son guide pratique des soins liés à un accouchement normal. Autre chiffre scandaleux : 71,3 % des femmes qui accouchent pour la première fois subissent une épisiotomie. " Aucune étude ne prouve le bien-fondé de l'épisiotomie, s'insurge Claude-Emile Tourné, gynécologue-obstétricien et enseignant à l'université de Perpignan. On sait au contraire qu'elle peut provoquer ce qu'elle est censée éviter : incontinence, micro-lésions de l'anus et déchirure grave. Une simple déchirure s'oublie en une semaine, l'épisiotomie reste parfois douloureuse plusieurs mois. " Sans compter les risques d'une reprise difficile des rapports sexuels. Et les déclenchements ? Ils peuvent répondre à des indications médicales. Mais " aucune région ne devrait enregistrer des taux supérieurs à 10 % ", indique l'OMS. En France, les taux grimpent à 20,3 % en 1998. Et encore s'agit-il d'une moyenne. Certains établissements déclenchent jusqu'à 60 % des accouchements. Diminution des heures supplémentaires payées au tarif de nuit, compatibilité avec les vacances du médecin : la méthode avantage surtout la maternité. La relation mère-enfant Parfois dommageable pour la santé de la femme, l'hypermédicalisation de la naissance influe également sur la relation mère-enfant. " La multiplication des dépistages (trisomie, toxoplasmose…) n'est pas sans impact sur le vécu de la grossesse, remarque Chantal Birman, sage-femme à la maternité des Lilas. En l'attente des résultats, les femmes sont amenées à suspendre leur investissement intérieur. " On peut aussi s'interroger sur les effets d'une césarienne quand la femme n'y est pas préparée. Des études tendent à prouver que les mères ayant subi une césarienne non planifiée sont susceptibles de mettre plus de temps à se sentir proches de leur bébé que les femmes ayant accouché par les voies naturelles. Selon le Dr Christophe Massin, la césarienne menace la continuité de la naissance. Pour éviter que les mères ne gardent un sentiment de " chaînon manquant ", un accompagnement de qualité s'imposerait donc. Enfin, l'industrialisation de la naissance dans certaines maternités entrave la bonne mise en place de l'allaitement. " Nous savons parfaitement que la capacité de succion du nouveau-né est à son maximum dans les deux heures qui suivent la naissance. Le bon sens voudrait qu'on laisse le bébé profiter du sein de sa mère avant de l'emmener pour les premiers soins. Malheureusement, quand nous travaillons dans l'urgence, il est plus rationnel de tout faire dans la foulée. Et parfois nous n'avons pas le temps de ramener le bébé dans les deux heures ", déplore Sylvie Gasperowicz, sage-femme dans un hôpital de Saint-Denis. Alternatives N'y a-t-il pas d'alternative pour les parents qui restent convaincus qu'accoucher est chose naturelle ? La fermeture de petites maternités au profit des " usines à bébés " ne semble pas de très bon augure. Accoucher à domicile ? Ce choix encore très minoritaire (environ un millier de naissances pour 778 900 en 2000) est fortement menacé. La perspective des maisons de naissance ? Déjà bien rodées au Canada, en Allemagne et en Suisse, elles sont animées par deux ou trois sages-femmes. Aménagées comme des appartements mais situées à proximité immédiate d'un hôpital, elles constituent une solution intermédiaire entre maternité et domicile. Malheureusement Bernard Kouchner semble revenir sur la promesse d'en créer trois cette année. Reste à espérer que la maternité de Lons-le-Saunier fasse rapidement des émules.

Posté par Nehll à 11:28 - Informations autour de la naissance - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

13 mars 2006

Le toucher pré natal



Nous savons que le développement sensoriel du foetus est précoce pendant la grossesse.
A 5 mois, tout est en place : la sensibilité cutanée, le goût, l'odorat, l'audition.

Il est donc possible de communiquer avec le bébé in utero.
Ce vécu du bébé s'inscrit dans sa mémoire qui est certes une mémoire inconsciente, mais, pas pour cela, sans importance.

En effet, la psychanalyse nous apprend que c'est avec son inconscient que l'on forge sa personnalité. Cet inconscient se situe entre la grossesse et 3 ans environ, ce qui correspond à la période de l'amnésie infantile.

Toutes les expériences du petit enfant, bien-être, bonheur, mal-être, souffrance, sont ainsi déterminantes pour son avenir.

tulipes
La première compétence du nouveau né est de créer des liens, cette compétence s'inscrira dans une continuité relationnelle d'autant plus favorablement si la communication in utéro a pu s'installer. Parmi les outils de communication on trouvera : le chant pré-natal, le toucher pré-natal...

Dérivé de l'haptonomie qui est la science de l'affectivité, le toucher pré-natal confirme affectivement le bébé, l'affermit dans son existence pour établir un état de sécurité de base, afin qu'il puisse s'épanouir et développer son identité, son authenticité propre.

Le bébé perçoit la relation intime et affective entre ses parents par la main de son papa posé sur le ventre de sa mère. Il se sent aimé et confirmé et répond à cette confirmation. Il s'établit une communication à 3. Cette communication peut aussi s'installer avec la maman uniquement, avec les frères et soeurs.

Le jour de l'accouchement, le papa à travers son toucher peut accompagner l'enfant à se laisser naître. La maman perçoit la douleur différemment.

Après la naissance :
la manière de porter l'enfant dans sa sécurité de base,
le contact proche par le portage dans l'écharpe,
le massage régulier de votre enfant,
participent fortement à son ancrage et s'inscrivent dans la continuité de la relation établie pendant la grossesse.

Posté par Nehll à 12:35 - Informations autour de la naissance - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


  1  2